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LE BLOG DE PIERMA

Mon univers porte en lui tous les possibles,de mes rêves les plus fous jusques à mes banales réalités.

souvenirs...souvenirs...

Publié le 14 Décembre 2012 par pierma

L'homme est ainsi fait qu'il naît et meurt dans la même vie.

Entre les deux,il porte au rang d'art majeur la commémoration à tout va.Il aime à se souvenir de peur que la maladie du siècle ne s'empare de sa mémoire qui est si souvent sélective.

Tout petit on lui souffle sa première bougie alors qu'il n'a conscience que de l'odeur de sa mère et autre proximité placentaire.

Après quoi,il va lui même,sous l'inspiration de ses parents porter vers son grand-père le gâteau aux mille bougies .Le petit d'homme aidera celui ou celle qui lui passera le flambeau à l'éteindre pour que l'année entière lui soit douce et légère et que l'an fini.........

Parfois on passe la barre de l'an ...puis d'un autre,d'une dizaine encore et le môme grandissant à son tour bouffe du sucré avant même que ses ascendants sucrent les fraises.

La vie est ainsi faite.10 ans,20 ans.Ça y est ,entre copains on comptera sur les doigts d'une main l'année du dépucelage.

"Putain t'étais précoce !!! Tu dis 14 ans ?J'te crois pas...

- Ouai ,enfin 14 ans ...et demi .Et puis c'était juste l'aide soignante de l'hôpital qui me faisait la toilette...Un jour j'ai bandé si fort, elle m'a sourit,je piquais un phare mais on pouvait pas s'arrêter de se regarder. Le nettoyage a viré  à la caresse,j'étais là ,tout haletant,rien que nous deux dans la chambre,j'suis sure qu'elle avait pas trente ans. J'ai juté,elle continuait.J'ai été envahi d'une sensation nouvelle.Maintenant je suis certain qu'elle a aimé ça autant que moi ,sinon plus.

- Oui mais dis, c'était pas un dépucelage???

- En fait c'est quoi véritablement ,pas forcément une pénétration. Bon d'accord la toute première fois, c'était pas brillant elle et moi on était bourrés, on a même fait ça de nuit, dans un faussé, pas de quoi écrire à ses parents. D'ailleurs c'est bien la dernière chose qu'on leurs dirait,non ?"

Le temps passant ,il est naturel que s'accumulent les souvenirs afin qu'on se les évoque même seul dans son meublé d'étudiant.

Les bons moments avec les copains quand,ados, on partait comme dans la chanson,à bicyclette,sillonner le rubans gris des routes départementales...On aimait les routes départementales,ça sentait bon des puanteurs bovines aux champs de colza dont il émanait une forte odeur si particulière.

On était libres,libres de s'arrêter,de continuer, de s'essouffler au moindre faux plat, de se laisser entraîner par les folles descentes penchés dans les virages jusqu'à faire toucher presque la pédale.

On croyait risquer sa vie pour un Pchitt citron ou un diabolo fraise chez Nénèsse.

Les années de lycée m'avaient laissé un goût doux amer.Du garçon dont l'esprit vagabondait de nuages en jeunes filles qui 

devenaient femmes, ma timidité me trahissait souvent.

Pas envie d'apprendre sauf par moi même,rétif aux profs sauf à celle qui nous enseignait l'anglais par l'exemple.C'était une vraie femme.Jamais de pantalons,des chemisiers toujours entrouverts,des bottes qu'elle croisait au bureau.Clichés,non...elle était comme ça .Je crois me souvenir qu'elle m'aimait bien et plus encore lorsque j'ai apporté ma guitare pour chanter un poète anglais que j'avais mis en musique.C'est la première fois que j'ai été applaudi.

 

Un jour j'ai pris mon courage à deux mains et mon sac sur le dos.J'avoue que les plus beaux étés de ma vie furent ceux que je passai comme moniteur de colonies de vacances .On disait les monos à l'époque ,je me rendis compte de ma popularité envers tous,direction,enfants,moniteurs et surtout monitrices.Je connus la mixité au plus proche.Le mano a mano caché sous la table de réunion nous unissait comme deux jeunes mariés de la veille.Il me tardait que ce fût à mon tour de proposer les activités du lendemain pour profiter des nuits chaudes afin d'aller ma promise d'un temps et moi-même arpenter nonchalamment le chemin qui nous mènerait sous le grand chêne .Nous nous serrions si fort en un paleau essoufflant que tout ce qui pouvait poindre en nous se laissait abandonner.

Plus tard me sembla long,sans projet ni perspective.Je bouffai du kilomètre,en train cette fois ci. Paris-province,province-Paris.

Des aller-retours hebdomadaires avec comme prétexte de rendre visite à ma mère mais dont je compris plus tard que c'était mère nature qui me manquait le plus. Ses zones plates que chantait Brel, ses champs à perte de vue entrecoupés de la rivière qui faisait département.

Dans l'express déjà presque plus compartimenté, les rencontres seraient plurielles. Il s'agissait pour moi de faire le bon choix me plaçant au plus près d'icelle qui partagerait ma bulle voyageuse quelques heures durant.

Il se fit un jour comme celui là où ainsi qu'au retour précédent, je me retrouvai de nouveau près de la même.

L'habitude de monter à la hauteur du même wagon contribua au hasard de la retrouver sur la même banquette.

Le train était comble.Ses affaires formaient un tas presque organisé afin que nul ne prît place près d'elle. A ma vue,elle dégagea vite le siège et d'un tutoiement familier :

" Viens là,tu vois c'est bondé mais je t'ai gardé une place.

 Je ne me souviens pas si j'ai bégayé,rougi ou quoi...

 - Comment savais-tu que je serais là ce soir ?

 - Ah ,ça, permets moi de garder mes  petits secrets ..."

 S'en suivit une conversation étrange mêlée de tout et rien. Nous rentrions en amitié. Notre proximité arrimait la confidence .Arrivés à la gare terminale,elle me proposa de dîner.

Cette période ne nous connaissait pas suffisamment argenté pour nous offrir un restaurant.

La brune aux longs cheveux lissés me prit par la main et m'entraîna dans les couloirs du métro.

Je ne disais plus rien,elle me scrutait au point de vouloir lire dans mes pensées.

La rame siffla la fermeture de ses portes cinq fois.Je me rappelle la pluie du dehors qui nous cueillit dès la montée de l'escalator.

Nos mains encore nouées,je me voyais dans un beau quartier du XVIème arrondissement .Pas de code mais une clé.

Nous priment un ascenseur de service.Elle appuya sur le dernier bouton,celui du sixième.

Je sentais l'odeur d'encaustique,l'ascenseur montait doucement marquant d'un "clac" le passage à chaque palier.

Arrivé en haut,elle me lâcha la main,ouvrit sa porte et me fit signe d'entrer d'un petit hochement de tête.

Elle alluma une à une des petites lampes ,une bougie qui sentait bon.Tout trouvait sa place au millimètre.Des petits objets d'arts

des toiles aux murs ,quelques esquisses sur une table basse.

Elle devança ma question :

" je t'ai parlé des arts-déco dans le train,et bien c'est ça, cinq années d'études d'histoire le l'art et de pratique artistique."

Bien qu'émergeant tous deux d'une province différente, je connaissais mal ce type de formation .Je comptais les artistes dans les livres et les musées.Il me semblait que  j'en fus  ici le témoin direct:

"Voilà s'enquit la belle,si tu veux manger ,il te faut le mériter,déshabille toi....."

 

                                                                                                 A suivre.....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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