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LE BLOG DE PIERMA

Mon univers porte en lui tous les possibles,de mes rêves les plus fous jusques à mes banales réalités.

Qui jalonnent la vie...

Publié le 28 Août 2011 par pierma

Tout petit déjà , la nature n'avait doté d'une oreille formidable,quasi absolue.Je m'en rendis compte les premières fois où, sur le piano désaccordé de la maison, je reproduisais chaque dimanche de retour de la messe, les cantiques.

C'était une sensation des plus agréables.Une de ces bizarreries qui donne au  naturel une dimension extraordinaire.

Nous possédions comme toutes familles un poste de radio à lampes ,au magnifique coffrage de bois laqué branché sur les radios du service public.Plus tard, ayant vite compris le maniement du "gros bouton" de bakélite, je me mettais en quête de la station qui me donnerait à entendre de la "grande musique."

Je découvris vite les oeuvres classiques des compositeurs innombrables pour moi et dont les notes agencées mélodiquement me semblaient infinies.

Bach, ,Mozart, Ravel, Chopin, Beethoven...Classiques et romantiques se succédaient sur les ondes devant moi,petit enfant.

Je scandais,battais la mesure,terminais les accords,d'instinct trouvais la note finale du point d'orgue...

Comment se pouvait-il que, vierge de toute formation, je perçus cette musicalité comme si je l'eusse écrite ou tout au moins entendue auparavant?

Je prenais comme un jeu le fait de reconnaître tel ou tel instrument de l'orchestre symphonique au plus fort de son ensemble et jamais ne me trompai.

Ma voix d'enfant était juste,posée et chanter me procurait le plus grands des plaisirs.Je garde  cela  encore en moi aujourd'hui.

Puis les chansons envahirent bientôt mon univers.Celles des radios qui entendues une fois,restaient encrées en mois pour toujours.Brassens peu diffusé ,car iconoclaste, Brel, Ferra, Mouloudji, Becaud et toutes celles et ceux qui remplissaient déjà Bobino et l'Olympia. J'avais grandi.

Vint le temps de ma première guitare sur laquelle j'allais esquisser mes premiers accords de base.

Au lycée mes cours de français me portaient à la versification. Cette manière de ponctuer à l'hémistiche, chaque rime riche sonna le départ au goût que je pris pour la poésie classique. Je m'essayai à quelques vers. Y voyant une autre musicalité toute proche de celle des gammes chromatiques, je m'exerçais avec force facilité à mettre les quatrains, tercés et autres sonnets en musique. Ça fonctionnait.

Et voilà ,ce fut le début de mes grands départs vers les versions multiples et infinies , chemins de vies, routes droites des musiques académiques, investigations tortueuses des jam's du free jazz.

Malgré tout ,doté de cet appendice facile, ma fainéantise s'en fut accrue et jamais je ne fis beaucoup d'efforts pour apprendre la musique, celle qui s'écrit, se lit, se construit. Mais cette flemmardise ne m'empêcha en rien de composer quelques chansons qui aujourd'hui sont reléguées au tiroir poussiéreux de mes souvenirs...

Et puis la musique  ne commence-t-elle pas dans la tête?

J'ai à la cinquantaine emmagasiné nombre d'émotions qui jalonnèrent ma vie et accompagnent chacun de mes silences...

"J'ai de la musique plein la tête" dit cette chanson pop de Sonia et Ilane en 1990. Du jazz à la java...

 

Raymond Devos disait "Une rengaine, c'est un air qui commence par vous entrer par une oreille et qui finit par vous sortir par les yeux..."

Il n'avait pas tord ...Et toutes ces rengaines traversent notre existence comme nous traversons nos âges, nos amis, nos actes, nos amours et nous inspirent comme nous respirons, tout naturellement.


Aujourd'hui, il y a bien longtemps qu'on ne me traîne plus à la messe, mais avec ma quatrième guitare, électrique cette fois je parcours les chemins escarpés du blues.

 

 

 

                                                                                                     

 

 

 

 

 


 

 

 

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Bé@ 19/09/2011 12:30



PS : "préférences", c'est avec un "e" et "Dutronc" avec un "c". Sur la photo de ce dernier : pas de lien, dommage.



Bé@ 19/09/2011 12:28



Que la musique est comme le ciel : changeante et ennivrante, parfois maussade et souvent passionnée; son rythme n'est pas toujours le même, elle nous entoure d'un cocon merveilleux. Du classique
(surtout Chopin) au slam, j'ouvre toujours mes oreilles comme mes yeux... et le vent passe.


As-tu quelques enregistrements perso à nous faire écouter ?


Bonne semaine !


Béa