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LE BLOG DE PIERMA

Mon univers porte en lui tous les possibles,de mes rêves les plus fous jusques à mes banales réalités.

souvenirs...souvenirs...II

Publié le 28 Décembre 2012 par pierma

Cet impératif ne tolérait aucune désobéissance.Je quittai pull,pantalon,chemise.

"Oui c'est ça ! s'exclamat-elle .Et tes chaussettes ? Allez !!! "

Elle s'était assise sur un tabouret bas et tenait d'une main un carton à dessin et de l'autre un crayon gras.

J'étais maintenant assis sur le coin de son lit,un petit lit pour une petite pièce.

Je venais de comprendre que je serais l'exercice de ce soir mais penaud comme l'enfant devant son premier médecin,

Je n'avais aucune prédisposition à la pose artistique.Elle s'approcha de moi doucement,son visage frôla le mien,tout en me chuchotant:" Voulez vous avoir l'obligeance d'ôter ce qui vous sert à cacher votre genre,s'il vous plaît ?"

Elle ponctua cette jolie figure de rhétorique par un petit baiser sur mes lèvres pincées.

Et plus fort :" Vire moi ton slip vite fait !!! Demain j'ai cours d'anatomie ,l'anatomie ,c'est nu,à poil comme disent les mecs

qui fantasment sur nous ,les femmes un peu sexy,aux belles jambes et au nichons bien ronds.

Ah,il ne faut pas grand chose pour vous exciter, regarde toi,tu es déjà bossu.Sauf que là ,c'est toi qui va bosser."

Avouons que mon orgueil en avait pris un coup.Le piège s'était refermé sur moi. Cette brune là me tenait à sa merci comme par magie.Impossible de me dérober.Et sans me lever je fis glisser mon dernier vêtement jusqu'à mes pieds.

Allonge-toi,voilà ,comme ça,tu vois c'est pas si mal...Maintenant replie la jambe gauche, oui, laisse la droite droite justement et allonge toi, les deux bras derrière la tête. Aide toi des coussins pour caler un peu tout ça et maintenant...tu-ne-bou-ges-plus.

Elle se mit au travail, sérieuse,laborieuse,le geste précis,silencieuse.Je n'entendais que le frottement du crayon sur la feuille et dans ma tête l'air d'une chanson sur un texte de Baudelaire.(*)

 

 

 

 

La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,                      home-nu-glog-pierma-m503501_d0001620-000_p.jpg

Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
À mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;             femme-nue-blog-de-pierma-a1f006d5a7338995a12cd9d5c2853f94im.jpg

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe !

– Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !


Et de me persuader que je devais laisser s'installer en moi un stoïsisme certain tant il eût fallu que la feuille de vigne couvrît bien l'attribut.


(*) Les fleurs du mal


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